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jeudi, juin 7 2012

La stimulation cérébrale

Initialement publié sur : Amplicog

Herljos Scheindorf, porte-parole de la FTSL (Fondation pour le développement des Technologies, des Sciences et des Libertés), commente pour Amplicog.fr un clip de Daniel H. Wilson, auteur de « Amped » un roman (best-seller) de science-fiction qui nous plonge dans un monde dominé par une technologie de l’augmentation cognitive basée sur une puce implantée dans le cerveau (vidéo ici).

La vidéo ne présente pas tout à fait quelque chose qui appartient totalement à la science-fiction… ou plutôt à la science-faction comme défini par Timothy Leary. En effet, la stimulation cérébrale profonde (deep brain stimulation) est déjà pratiquée pour des cas d’épilepsie et de dépression sévère, et la DBS dans le but de stimuler précisément l’activité neuronale est déjà en cours d’essai, par exemple pour remédier dans un premier temps aux troubles provoqués par la maladie d’Alzeimer (1).

Mais surtout, il existe des techniques moins invasives pour augmenter la cognition et atteindre l’état de concentration maximale : le Flux (flow state) ou « la zone » : la stimulation électrique par courant continu, la stimulation magnétique, le neurofeedback et deux autres options (dont je ne suis pas sûr de la validité) : les battements binauraux et la synchronisation par stimulation électrique. On peut citer, brièvement, de la moins invasive à la plus invasive (sans compter la DBS qui nécessite d’ouvrir le crâne), quelques techniques de stimulation du cerveau:

Les battements binauraux, consistent en l’écoute de fréquences audio pulsés, présentant une différence de fréquence entre la piste gauche et la piste droite de quelques dizaines de hertz. Le cerveau va alors théoriquement synchroniser son fonctionnement sur cette fréquence non-perçu, entrainant divers états mentaux correspondant aux fréquences de travail recherchés (2). Malheureusement, l’effet n’est pas du tout prouvé… Cette technique possède par contre l’avantage d’être facile à mettre en œuvre et ne présente pas de danger apparent, et surtout, l’on trouve plusieurs logiciels open-source répondant à la demande.

On peut, également, citer le neurofeedback – qui n’est pas exactement un « augmenteur de la cognition », mais, ici, les résultats sont prouvés, mais la technique bien plus complexe à mettre en place, puisque nécessitant un casque EEG, certains modèles à prix correct sont déjà accessibles au public (3) mais ne comportent pas assez d’électrodes pour être intéressants selon les membres de l’association F[T+S+L]. Des projets open source existaient, mais stagnent… nous travaillons en partie sur la réalisation pour leur diffusion publique et gratuite de schémas pour réaliser soi-même un casque pour électroencéphalogramme. Le neurofeeback, comme son nom l’indique, s’appuie sur un mécanisme de récompense/punition, une séance peut se dérouler comme suit : l’utilisateur écoute une musique tout en réalisant les activités voulues, puis, plus la courbe de l’EEG correspond au schéma voulu, plus la musique est « agréable » ; plus la courbe de l’EEG dévie, plus la musique est distordue. L’utilisateur à alors un retour direct concernant son état réel de concentration (certains utilisent également le neurofeedback pour atteindre un état de méditation) (4).

Vient ensuite la stimulation électrique par courant continu (ou tDCS), potentiellement dangereuse si mal pratiquée, car utilisant un courant électrique traversant le scalpe ne devant pas dépasser quelques milliampères (typiquement, l’on utilise un courant de 2mA). Ses bénéfices sont largement prouvés (5), et utilisée convenablement, la technique ne semble pas avoir d’effets indésirables, du moins à court et moyen termes. Le principe de la tDCS repose sur le fait qu’un courant électrique traversant le scalpe, va augmenter ou diminuer le potentiel d’activation des neurones à la surface du cerveau sur le chemin du courant (6). Il existe un grand nombre de projets opensource (7) concernant la tDCS venant concurrencer à très bas prix les appareils professionnels, un générateur de courant a 2mA ne nécessitant que peu de composants (8). Une alternative dont l’efficacité reste à prouver, consiste à stimuler le cerveau avec un courant redressé d’une fréquence correspondant à la fréquence (ou la composition de fréquences) de travail voulu.

Enfin, la stimulation magnétique transcrânienne utilise un fort et bref champ magnétique à proximité du crâne, pour induire des changements électriques dans le cerveau (inhibition des neurones d’une zone, ou au contraire excitation provoquée) (9). L’efficacité est là aussi largement prouvée (10) mais pas tout-à-fait exempte de risques. Un risque immédiat, limitant la possibilité d’utilisation personnelle, est le déclenchement d’une crise d’épilepsie. Je n’ai malheureusement pas eu connaissance de projets libre ou opensource de générateurs TMS. Sans compter la disponibilité sur le marché de tout un tas de substances qui améliorent substantiellement l’activité cérébrale, tels que les ampakines (11), la vinpocetine (12) ou, comme utilisé quotidiennement par beaucoup de personnes : le café (13).

Concernant les risques, ce sont souvent les mêmes qui sont, à tord, pointés du doigt :

Perte de créativité : Pourquoi ? Les techniques de stimulation peuvent tout aussi bien servir à la créativité. C’est exactement ce sur quoi travail depuis des années Allan Snyder (14), avec des résultats intéressants, qui, bien que dénigrés pendant un temps, sont aujourd’hui acceptés et vérifiés indépendamment.

Une backdoor dans le cerveau ? C’est l’éternel problème de la confiance. Je n’ai aucune confiance dans le gouvernement, je n’ai aucune confiance dans des entreprises comme Google. Mais je suis certain que le mouvement DoItYourself-bio, et le reste de la communauté libriste et opensource sera en mesure de fournir des puces de stimulation certifiés sans dangers de ce type pour l’utilisateur. Reste le problème de l’implantation, à la surface du cerveau…

Pour finir, oui, nous serons sûrement tous un jour « augmentés », mis à part une poignée de radicaux religieux, tout comme aujourd’hui il est indispensable d’avoir un ordinateur et l’accès à l’internet, voire de plus en plus, il est indispensable d’avoir un téléphone portable.

Nous évoluons, la société évolue, il ne faut pas systématiquement chercher à rejeter les changements, mais les accompagner, faire en sorte qu’ils soient accessibles à tous et non pas juste une petite élite, et surveiller les risques potentiels, non pas pour dénigrer l’usage des technologies, mais au contraire, pour les rendre plus sûres.

Et le meilleur espoir est encore d’encourager et de participer aux mouvements libristes et doityourself-bio (15).

Auteur: Scheindorf Herljos, FTSL (http://ftsl.org/).

(1) http://amplicog.fr/2012/05/la-stimulation-du-cerveau-par-dbs-augmente-lactivite-neuronale-jusqua-30/
(2) http://fr.wikipedia.org/wiki/Battement_binaural
(3) http://emotiv.com/
(4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Biofeedback
(5) http://scholar.google.fr/scholar?q=transcranial+direct+current+stimulation
(6) http://en.wikipedia.org/wiki/Transcranial_direct-current_stimulation
(7) http://flowstateengaged.com/
(8) Dans la version que j’utilise : un régulateur de tension, un transistor, un potentiomètre et quelques résistances de précision 1%.
(9) http://fr.wikipedia.org/wiki/Stimulation_magnétique_transcranienne
(10) http://scholar.google.fr/scholar?q=transcranial+magnetic+stimulation
(11) http://fr.wikipedia.org/wiki/Ampakine
(12) http://en.wikipedia.org/wiki/Vinpocetine
(13) http://amplicog.fr/2012/05/du-cafe-pour-lutter-contre-la2ar-augmenter-sa-memoire-prevenir-alzheimer-vivre-plus-longtemps/
(14) http://en.wikipedia.org/wiki/Allan_Snyder
(15) http://www.youtube.com/watch?v=o4GLGTgo9Dk

mardi, octobre 26 2010

La singularité technologique en deux mots

La singularité technologique est une hypothèse conceptuelle apparut dans les années 60 et soutenu par un certain nombre de chercheurs et historiens des sciences. Cette hypothèse part de l'observation simple que dans des listes d'évènement remontant plus ou moins loin dans le passé, le temps nécessaire entre deux découvertes, ou évènements, importants, est grandement diminuée entre deux dates notables. Plus la recherche et les connaissances s'accumulent, plus les systèmes deviennent complexes, et plus la puissance de computation disponible pour découvrir de nouveaux concepts, de nouvelles structures, deviens grande. Et plus la puissance deviens importante, plus le temps nécessaire diminue.

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